First Unitarian Congregation of Ottawa
Enter, rejoice and come in!
A collage of photos from the First Unitarian Congregation of Ottawa

La Veille de Noël, 2009

C’est une expérience très différente pour moi de partager avec vous mes réflections sur la signification du temps des Fêtes en cette veille de Noël. J’ai le plus souvent délibérément passé cette soirée seule dans le passé. J’ai quitté ma famille étant encore adolescente et n’ai jamais eu de famille traditionelle –vraiment aucune famille du tout -- avec qui célébrer Noël. Mes amis qui faisaient office de famille pensaient qu’il était triste d’être seule à Noël et m’ont toujours invitée à participer à leurs célébrations. J’ai eu du mal à leur expliquer que je chérissais ma solitude qui me permettait de réfléchir. Tandis que le monde sortait célébrer, moi je rentrais en moi-même.

J’aimerais que l’on réfléchisse ensemble sur la signification plus profonde de cette saison, telle que j’en suis venue à la comprendre. Retournons au début de l’histoire où l’auteur de l’évangile selon St. Luc nous raconte que ‘Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur’ en attendant la naissance de son enfant. Il est probable que Joseph de son côté réfléchissait très fort aussi! Il s’était fait dire que son épouse était enceinte et qu’il devait retourner au lieu de sa naissance afin d’être recensé. Le voyage aurait déjà été suffisament demandant sans avoir à le faire avec une femme qui était sur le point d'accoucher.

Vous avez sûrement fait beaucoup de préparatifs pour ce temps des Fêtes. Certains d’entre vous aurez peut-être encore quelques dernières tâches à compléter avant de finalement vous coucher. Combien d’entre nous avons pris le temps de réfléchir dans nos cœurs et nos âmes sur la véritable signification des légendes de ce temps?

Quelle est la signification de cette histoire de la naissance du Christ, de ce jour saint, pour nous au Canada? Le cantique ‘Il est né’ nous annonce la venue d’un enfant divin. Qu’est-ce que cela signifie pour nous ‘Il est né le divin enfant’? Que savons-nous, que croyons-nous d’une présence divine en ces temps-ci? Que voyons nous naître et se manifester parmi nos enfants aujourd’hui? Est-ce que nous créeons un  monde où le charactère divin des enfants est nourri et protégé?

L’histoire nous raconte qu’une pauvre femme enceinte accompagnée de son époux attentioné doivre chercher refuge afin qu’elle puisse donner naissance à son enfant, tout ceci à cause d’une décision politique qui les obligent à voyager malgré la condition de la mère. Arrivés à destination complètement épuisés, il n’y a pas de place à l’auberge.

Certains académiciens ont dit de Luc qui aurait écrit cette partie de la Bible, qu’il était éduqué et préoccupé par l’éthique sociale du jour, les pauvres, les femmes et les autres groupes opprimés. Il communiquait un message social: que l’Esprit est accessible à tous et non à quelques privilégiés. Dieu le Christ n’est pas né dans un hôtel quatre étoiles, et le Dieu fait homme aurait sans pu. Ce fût sa naissance qui défia l’ordre social et donna espoir et pouvoir aux gens marginalisés.

Je ne crois pas que ce soit les aspects politiques de cette saison qui vous ont poussés à venir ici ce soir, ni un intérêt académique dans la bible. Vous êtes probablement à la recherche de quelque chose plus profond et fondamental.

L’enfant divin naît sur cette même terre que nous habitons maintenant, dans un endroit si modeste que nous avons du mal à se l’imaginer. Les étables de nos jours sont bien équipées et modernes. L’histoire de la naissance de l’enfant Jésus contient une contradiction. D’une part, l’on nous raconte que l’enfant est roi, le Messie, le fils de Dieu. D’autre part, l’enfant est vulnérable, issu de parents démunis dans des circonstances on ne peut plus humbles. C’est l’histoire d’un roi puissant qui est enfant vulnérable.

L’histoire racontée par St. Luc contient un message concernant le cadeau précieux qu’est toute vie humaine et le potentiel que nous avons tous de transformer le monde dans lequel nous vivons. Elle nous invite non pas à analyser ou même étudier cette possibilité mais plutôt d’y réfléchir. Sommes-nous conscients de la grande compassion dont nous sommes tous capables? Nous avons reçu le cadeau de la vie et de ses expériences, nous connaissons les histoires des temps anciens et bénéficions de la sagesse et d’une certaine compréhension éclairée de ces histoires. Nous avons donc la capacité et la responsabilité de conserver et d’enseigner ce que nous avons appris et compris.

Pour ce faire, je m’inspire de la légende de Noël elle-même. Comment témoignons-nous du divin dans nos vies de tous les jours? Humblement et simplement. Je me souviens de moments récents de ma vie alors que j’ai pris le temps d’écouter un adolescent qui ne se sent pas souvent entendu; que j’ai rappelé à un collègue qu’elle pouvait demander de l’aide et qu’elle la recevrait; ou que j’ai appliqué de la cire protectrice sur les pattes de mon chien afin qu’elles ne subissent pas les ravages du froid et du sel.

L’espoir de l’avenir, comme la lueur de l’étoile de Noël, nous appelle en cette nuit sainte. Nous sommes ceux et celles qui transmettons la sagesse des anciens, les vérités du présent et l’espoir de l’avenir. Avons-nous vraiment considéré cette mission qui est nôtre?

Il me semble que la sérénité et la luminosité de notre hiver soient propices à la contemplation. Comme la terre se repose, nous aussi devons prendre le temps de nourrir notre vie intérieure par la réflection. Quoique les ruisseaux soient devenus silencieux et que le fracas des branches puisse glacer le sang dans nos veines, les étoiles brillent au firmament qui est noir comme encre. Durant cette saison pleine de défis, nous sommes appelés à rentrer en nous-mêmes afin d’y retrouver la lumière qui luit en nous.

Méditons un moment dans le silence et la noirceur. A quoi voulons-nous donner naissance? Que se produirait-il si nous nous permettions de donner naissance à un amour profond et puissant, de se commettre à la compassion, de chercher la lumière, d’offrir au monde nos talents particuliers? Prenons un moment, réfléchissez. Respirez profondément. Voyez votre lumière intérieure. Allons chercher notre connection au divin, notre étincelle, notre origine. Retournons-nous ensuite vers le monde, sachant que ce temps de réflection n’est pas seulement pour notre bénéfice mais qu’il assure que notre manifestation dans le monde réflète nos valeurs et croyances. Cette contemplation n’est pas la fin. Tout n’est pas terminé lorsque nous méditons pendant une minute ou même lorsque le service est terminé. Notre présence et nos actions dans le monde sont la manifestation de notre amour et notre compassion.

Laissons-nous transporter par ces mots à la fois inspirants et pratiques de Rilke.

Tu vois, je veux beaucoup.

Peut-être tout:

l’obscurité des chutes infinies

et le jeu scintillant de toute remontée.

Il en est tant qui vivent et ne veulent rien

et qui se sentent anoblis

par les sentiments lisses

de leurs repas légers.

Mais toi, tu aimes tout visage

qui sert et qui a soif.

Tu aimes tous ceux qui se servent

de toi ainsi que d’un outil.

Tu n’es pas encore froid et il n’est pas trop tard

pour plonger dans le devenir

de ton gouffre où paisible la vie se révèle.

Je vous souhaite Joie et Paix, la vision et le pouvoir, nés en ces jours saints.